Pourquoi nos rivières méritent qu’on s’y attarde
Difficile de ne pas apprécier les Deux-Sèvres quand on pêche depuis des années dans le coin. Le département n’a certes pas la réputation des Pyrénées pour la truite ou celle des grands lacs pour les carnassiers, mais honnêtement ? On a de quoi faire, et largement.
Entre rivières de première catégorie, cours d’eau qui serpentent dans le Marais Poitevin, et cette diversité d’espèces qui rend chaque sortie imprévisible, je peux dire qu’on n’a pas vraiment à se plaindre.
La Boutonne — une rivière qui a du caractère
Prenez la Boutonne. Elle traverse le nord du département sur presque 100 kilomètres, et elle change complètement de visage selon où vous la pêchez. En amont, c’est du territoire à truites fario, première catégorie bien sûr. Des parcours techniques où il faut savoir se faufiler entre les branches.
Plus vous descendez, plus elle s’apaise. Elle devient alors un bon spot pour le brochet, le sandre. J’y ai pris quelques beaux spécimens, notamment en fin de journée quand la lumière baisse et que l’activité reprend.
Ce qu’on y trouve : Truite fario, brochet, sandre, perche, gardon, carpe commune, anguille. Autant dire qu’on peut varier les techniques et ne jamais s’ennuyer.
Les Sèvres : deux rivières, deux ambiances
La Sèvre Niortaise
Si vous aimez les paysages un peu sauvages, la Sèvre Niortaise vaut le détour. Elle prend sa source chez nous et traverse tout le Marais Poitevin. Les bordures de roselières abritent de beaux brochets — pas toujours faciles à sortir, mais quand ça mord, c’est du plaisir.
Les zones calmes se prêtent bien à la pêche de la carpe. Même si elle n’a pas toujours été aussi propre qu’aujourd’hui, les efforts de ces dernières années portent leurs fruits. La qualité de l’eau s’améliore, et ça se sent dans les résultats.
La Sèvre Nantaise
À l’est du département, la Sèvre Nantaise file vers la Loire. Eaux vives, bien oxygénées, c’est du terrain de jeu pour les amateurs de truites. Les parcours sont parfois un peu techniques, il faut accepter de se salir les bottes, mais c’est précisément ce qui fait le charme de cette rivière.
L’Argenton : le bastion de la truite
L’Argenton et ses affluents, c’est un peu notre fierté locale pour la truite. La reproduction naturelle y fonctionne bien — ce qui n’est pas si fréquent dans la région. L’AAPPMA surveille de près ces parcours, et on participe activement à leur préservation.
Parce qu’une bonne rivière à truites, ça ne se décrète pas. Ça s’entretient, année après année.

Quelques conseils si vous débutez dans le coin
La réglementation d’abord. Catégories piscicoles, dates d’ouverture, parcours spécifiques — c’est moins glamour que de parler technique de pêche, mais c’est ce qui évite les amendes et garantit qu’on pourra encore pêcher dans dix ans.
Ensuite, adaptez-vous. Toc, mouche, leurres — tout dépend de ce que vous cherchez et des conditions du moment. Les heures fraîches restent les meilleures, surtout en été quand la température grimpe.
Et puis, même si ce n’est pas obligatoire partout, pratiquer le no-kill sur les truites, ça aide vraiment. Respectez les tailles minimales, observez l’eau avant de lancer votre ligne. Les éclosions d’insectes, la couleur de l’eau, le niveau — tout ça vous dit où sont les poissons.
Les parcours labellisés, ça existe
Certaines portions de rivières bénéficient d’aménagements spécifiques ou de classements particuliers. Le mieux, c’est de se renseigner auprès de l’AAPPMA ou de consulter le site www.peche-en-deux-sevres.com pour connaître les parcours passion, les réserves, les frayères protégées.
Bon à savoir : Votre carte de pêche vous donne accès à l’ensemble des parcours du département. L’adhésion à l’AAPPMA La Gaule Créchoise contribue directement à l’entretien de ces rivières.
Un patrimoine fragile, responsabilité partagée
Les rivières des Deux-Sèvres ne sont pas éternelles dans l’état où on les connaît. Chaque pêcheur a un rôle à jouer : respecter les quotas, signaler les pollutions qu’on constate, participer aux actions de nettoyage quand l’AAPPMA en organise.
C’est peut-être moins spectaculaire qu’une grosse prise, mais c’est ce qui permet aux générations suivantes de connaître les mêmes sensations que nous.




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